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Coin de l'écrivain

Comment un jeu vidéo m’a aidé à construire mes fiches personnages

Le weekend dernier, j’ai décidé de m’adonner à un de mes passe-temps favoris en dehors de l’écriture: jouer à un jeu vidéo. J’avais besoin de faire une pause avec toutes les idées qui s’agitaient dans ma tête. Parce que à trop cogiter, on ne voit plus rien et tout commence à s’emmêler. J’étais loin de me douter que cette escapade en terre ludique allait me permettre d’avancer sur mes fiches personnages.

Rappels sur les fiches personnages

Nous en avons déjà parlé sur le blog, les fiches personnages sont une des clés de voûte de votre projet d’écriture. Vous pouvez retrouver les différents articles où j’en parle ici, et là.

Les fiches personnages sont obligatoires pour plusieurs raisons. Elles permettent d’abord de construire des héros et des protagonistes plus profonds.

Ensuite, elles peuvent vous donner des idées d’événements ou de péripéties intéressantes, en lien direct avec le passé, le caractère ou les aspirations de votre personnage.

Pour finir, les fiches personnages sont la meilleure façon de ne pas vous égarer lors de l’écriture. Si vous ne connaissez pas votre héros, vous allez devoir le découvrir au fil de la rédaction. Cela vous fera perdre du temps en réécriture pour obtenir une histoire cohérente. Vous risquez de vous lasser et de vous décourager d’être sans cesse obligé de réajuster vos chapitres.

Les survivants du crash

Revenons à présent sur ma partie de jeu vidéo. Je suis une adepte des jeux de gestion. J’en ai testé plusieurs que j’affectionne tous pour différentes raisons, mais ce weekend j’avais jeté mon dévolu sur Rimworld.

Le concept est le suivant: vous gérez une colonie de trois survivants à un crash de navette spatiale. Ils atterrissent au milieu de nul part et doivent s’organiser pour survivre. Cueillette, construction, recherches scientifiques, chasse, cuisine, agriculture…Peu de choses ont été laissées au hasard dans ce jeu, c’est ce qui en fait tout son intérêt.

Me voici donc en train de diriger mes trois colons. Je leur fais arpenter la carte en long, en large et en travers pour dénicher de la nourriture. Quand tout à coup, au détour d’une grotte, une horde de bestioles me prend en chasse.

Je viens juste de débuter la partie, je n’ai donc aucun équipement capable de me protéger.

En trente secondes, c’est le drame: mes trois colons sont à terre, le chien est mort et les bestioles rôdent autour des corps. Ils ne sont pas morts, mais incapables de bouger.

Je suis sur le point de quitter le jeu pour recommencer car je ne vois vraiment pas comment je vais pouvoir m’en sortir.

L’homme en noir

C’est alors qu’un mystérieux homme en noir débarque sur la carte. Il se joint à ma colonie. Le jeu m’indique qu’un étranger sillonnant la région a décidé de rejoindre mon clan. Serait-il capable de sauver la situation?

Une des particularités de Rimworld tient à la finesse des détails des fiches personnages. Pour chaque colon, on peut consulter son niveau de compétence dans les différents domaines, ses forces, ses faiblesses, ses liens amicaux et de parenté, ses phobies, ses addictions.

Certains sont incapables de violence et ne se défendront jamais lors d’une attaque. D’autres sont des junkies à qui il faudra donner leur dose si on veut les garder sous contrôle. La liste est longue.

Cette richesse dans la construction des personnages donne de fabuleuses parties de jeu.

L’homme en noir rejoint donc mon petit village naissant et commence à couper du bois. Je vérifie son équipement et me rend compte qu’il porte sur lui une arme efficace. De plus, il maîtrise la compétence de tir à haut niveau. Je vais l’utiliser pour aller secourir les autres.

Tout s’est bien passé. L’homme en noir a réussi à sauver ses nouveaux potes. J’ai pu continuer à développer mon village.

Appel au secours

Une heure plus tard, je recois un appel de détresse via la radio du camp. Il s’agit d’une femme retenue prisonnière dans un village voisin et qui a réussi à subtiliser la radio de ses ravisseurs pour lancer un appel à l’aide.

Dans la fenêtre me donnant le choix de lui porter secours ou non, une précision a éveillée mon attention. On me dit que le prisonnier n’est autre que la femme d’un de mes colons. Si ma tentative de libération porte ses fruits, elle rejoindra mon camp et mon colon sera le plus heureux des hommes.

Dans le cas contraire, je devrai faire face à une période de dépression intense qui engendrera à priori des crises de démence aiguës de la part du mari éploré.

Tout un programme! Je suis partie en mission de sauvetage et j’ai ramené la belle à son prince, après une embuscade et une période de famine dont je vous passe les savoureux détails.

De retour au camp, ils ont voulu dormir dans la même chambre, j’ai donc procédé à quelques ajustements. Cela a donné des idées à mes deux autres colons qui ont décidé de se rapprocher à leur tour, puis de se marier.

Cet événement a donné du baume au cœur à tout le monde, et Dieu sait qu’il en avaient besoin.

Ils mangeaient de la pâte nutritive depuis une bonne semaine après que mes plantations aient été ravagées une première fois par un parasite, puis par le gel hivernal.

Faibles attentes

Une fois de retour au camp avec toute la petite famille, la vie a suivi son cours. Ma nouvelle pensionnaire avait un trait de caractère particulier: “faibles attentes”. Je n’ai pu m’empêcher de sourire et d’imaginer pourquoi elle en était arrivée là.

Elle était retenue captive dans un camp de sauvages, après avoir été séparée de son mari. J’imagine que le simple fait d’avoir traversé cette épreuve, de s’en être sortie et d’avoir en plus pu retrouver son homme, amènerait bon nombre de personnes à reconsidérer les attentes de la vie.

Et effectivement. Elle était toujours partante pour aller s’occuper des tâches ingrates, ne se plaignait jamais et son moral restait au beau fixe, même après les attaques des camps adverses. Une espèce de résignation qui forçait le respect.

Dimanche soir, après deux bonnes journées en mode “no life”, j’ai refermé le chapitre de cette colonie.

Allongée dans mon lit, tentant de trouver le sommeil, c’est là que j’ai compris.

La clé de l’histoire

Si ma partie de Rimworld avait été si addictive, cela tenait en grande partie aux fiches personnages du jeu. La qualité des interactions entre les colons et avec le monde extérieur était directement liée aux traits de chacun des personnages.

Aussi, ces traits de caractères pouvaient déterminer comment une situation périlleuse allait se terminer. Laissez un colon incapable de violence seul au camp pendant que les autres partent à la chasse, et vous risquez de vous retrouver avec des baraques en feu et un personnage en moins.

J’ai tout de suite fait le rapprochement avec l’écriture de mon roman. Les fiches personnages permettent non seulement de mieux ficeler une histoire, mais aussi de créer des récits qui respirent l’authenticité.

C’est donc ma mission de cette semaine dans le cadre de l’écriture de mon roman: travailler avec soin mes fiches personnages pour poser de bonnes bases à mon histoire.

Je voudrais donner à mes futurs lecteurs autant de plaisir à lire mon roman en travaillant mes héros, que j’en ai eu à plonger dans le monde de Rimworld ce weekend.

C’est à vous!

Avez-vous déjà été inspiré par un jeu vidéo pour écrire une histoire? Partagez vos meilleures expériences (et vos jeux préférés tant qu’à faire!) en laissant un commentaire ci-dessous!

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