intrigue roman
Exercices d'écriture

Intrigue roman: laissez votre histoire se construire par elle-même.

Un écrivain coincé sur sa page blanche est un écrivain en train de se prendre la tête sur deux mots: intrigue roman.

Il ne fait même plus l’effort de construire une phrase pour désigner le monstre en train de manger sa plume toute crue. Tout ce qui résonne dans sa tête, à en perdre la raison sont ces deux mots. Intrigue roman.

L’exercice du jour que je vous propose, qui fait partie du Défi Ecriture que je me suis lancé, est inspiré de ma dernière lecture: “Ecriture, Mémoires d’un métier” de Stephen King.

L’auteur insiste en effet sur un point qui a retenu mon attention: il se méfie comme de la peste de l’intrigue pour écrire ses romans.

Définition d’une intrigue roman

“Intrigue: Succession de faits et d’actions qui forment la trame d’une pièce de théâtre, d’un roman, d’un film.”

Définition extraite du dictionnaire Larousse

L’intrigue roman est le squelette de l’histoire que vous voulez raconter. Le problème, c’est qu’il est difficile au départ de pouvoir imaginer l’ensemble des éléments qui vont s’enchaîner. Qui va recouper quoi et comment.

Quand on écrit un roman, on met en scène des personnages et des lieux. Pour toucher le lecteur et le prendre dans nos filets, il est essentiel que ces éléments soient le plus proche possible de sa réalité.

Attention, je ne dis pas que les histoires fantastiques ou de science fiction ne font pas de bons romans. En revanche, plus les personnages vivront des situations et exprimeront des émotions que le lecteur connait assez pour s’y reconnaître, plus vous aurez de chance qu’il accroche à vos paragraphes.

Le problème avec l’intrigue roman, c’est que l’on estime qu’il est nécessaire d’anticiper tous les détails, rebondissements et dénouements avant même d’avoir donné naissance à notre héro. Et dans la vraie vie, ça ne se passe jamais comme ça.

Lâcher la bride de votre histoire

“Je me méfie des intrigues pour deux raisons: d’abord parce que nos vies en sont essentiellement dépourvues, en dépit de toutes les précautions raisonnables que nous pouvons prendre, de la minutie avec laquelle nous dressons nos plans; ensuite parce que je considère qu’il y a incompatibilité entre la construction d’une intrigue et la spontanéité de la véritable création.

[…] ma conviction la plus profonde quant à l’invention des histoires, est qu’elles se fabriquent en grande partie d’elles-mêmes.”

Extrait de “Ecriture, mémoires d’un métier” – Stephen King

Pour Stephen King, écrire une histoire revient à faire de l’archéologie. On trouve un fossile quelque part et on l’extrait avec minutie du sol. Le fossile, c’est la situation de départ.

Raconter la vie

On peut partir de n’importe où. Un couple qui se retrouve sur le quai d’une gare. Un homme à la porte de son appartement parce qu’il a oublié ses clés à l’intérieur de chez lui. Une mère et sa fille emprisonnées dans leur voiture avec un chien enragé qui les menace dehors.

La liste est infinie. Les fossiles à déterrer, c’est la vie de tous les jours. Les faits divers, les accidents, les rencontres. Quand on raconte une histoire, on prend la vie en cours. Et la vie par essence est pleine de surprises.

Comment pourrait-on travailler pendant des jours à remanier la manière dont la vie va faire son oeuvre, sans que cela donne une histoire artificielle?

Et si, au lieu de ça, on écrivait simplement le déroulement de l’histoire au fur et à mesure? Sans avoir le droit de venir changer ce qui est déjà passé.

Ce matin j’ai renversé mon café sur mon pull cinq minutes avant un rendez-vous important. Je n’ai pas de boîtier magique pour rembobiner et me faire arriver finalement à l’heure en effaçant l’incident.

C’est ça, la vie, non? Ce côté fascinant sur lequel on n’a aucun contrôle, tous logés à la même enseigne.

La situation vient en premier

“Je place un groupe de personnages (ou peut-être seulement deux, voir un) dans une situation plus ou moins désagréable et j’observe comment ils font pour s’en sortir. Mon job ne consiste pas à les aider, ou à les manipuler jusqu’à ce qu’ils soient en sécurité (…) mais à regarder ce qui se passe et de l’écrire.”

Extrait de “Ecriture, mémoires d’un métier” – Stephen King

Libérateur, n’est ce pas? Je ne sais pas si cette méthode d’écriture est beaucoup employée par les écrivains. Avec le nombre d’informations concernant le plan, les fiches personnages et autres points d’organisation dit essentiels, cette approche peut faire débat.

En revanche, pour ceux d’entre-nous qui se tapent la tête contre les murs pour planifier au paragraphe près leur histoire, il peut être intéressant d’explorer cette voie.

Je pense que je ne suis pas la seule à trouver un certain confort dans l’application d’une méthode d’écriture. C’est comme avoir un joli parcours bien tracé qu’il suffit de suivre. C’est une sécurité quelque part. Je suis curieuse de savoir ce qui se passerait si je lâchait ma boussole pour partir droit devant à l’aventure.

Je ne dis pas que je ferai toujours comme ça, ni que cette manière d’écrire sera ma préférée, mais je veux bien explorer ce terrain inconnu et incongru.

L’expérience vous tente aussi? Ça tombe bien! Nous tenons notre exercice d’écriture du jour: laisser tomber l’intrigue roman.

Exercice d’écriture à réaliser

Prenez le premier journal ou magazine qui vous tombe sous la main. Dans la rubrique fait divers, trouvez votre situation de départ, votre fossile à déterrer.

L’exercice consiste à écrire en un seul jet 5 ou 6 pages sans vous préoccuper de l’intrigue. Mais attention, nous allons ajouter une subtilité: vous devrez inverser les genres des personnages de la situation de départ.

Si votre fait divers parle par exemple d’un homme qui a tué sa femme après l’avoir trouvé au lit avec son amant, vous raconterez l’histoire de la femme qui a tué son mari après l’avoir surpris au lit avec sa maîtresse.

Le changement de genre vous donnera un nouveau point de vue pour écrire votre histoire et vous permettra de vous détacher de la situation de base.

D’ailleurs, vous trouverez dans “Ecriture, mémoires d’un métier” un exercice de réécriture fascinant que je vous laisse découvrir.

C’est à vous!

Partagez en commentaire vos situations de base, vos fossiles à déterrer. N’hésitez pas à donner des retours sur la manière dont cet exercice s’est déroulé pour vous.

A-t-il été libérateur? Compliqué? Avez-vous déterré une nouvelle facette de votre don d’écriture?

Si l’exercice vous a plu, partagez-le autour de vous!

Vous pouvez aussi lire mon texte rédigé dans le cadre de cet exercice en cliquant ici.

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2 commentaires

  • Tiphaine

    J’ai toujours adopter cette méthode, d’avoir une situation de base et d’écrire au fur et à mesure en voyant ce qu’il se passait. J’ai toujours adoré sentir quand mes personnages prenaient leur envol et devenaient indépendant.

    Après, j’ai également récemment découvert l’intérêt de planifier un minimum, notamment pour pouvoir insérer des éléments importants pour l’intrigue. Par exemple, sur une enquête policière, connaître déjà la nature du crime, pourquoi, qui, comment, où. Savoir comment les indices vont être amenés, par qui, où, quand…

    Sans trop rentrer dans les détails pour autant, je pense que dès qu’il y a un peu de mystère dans une histoire, c’est bien de savoir un minimum.

    En cas de blocage sur le dénouement d’une histoire, ça m’a déjà aidé aussi de prendre le temps de détailler, d’après la méthode du flocon, qui part d’un court texte jusqu’au découpage le plus petit qu’on souhaite (je n’en suis pas encore au paragraphe :p). Et, enfin, quand on a une longueur précise à atteindre/respecter, ça peut aider de voir comment on va dérouler l’histoire pour réussir à s’y tenir.

    En résumé, j’aime beaucoup la méthode où on lâche prise, on avance et on voit (en plus, il y a toujours la relecture qui intervient après donc bon), mais prendre le temps de détailler peut aider également.

    Je crois qu’on parle de jardinier ou d’architecte, dans le jargon 🙂

    • Elodie

      Intéressant! Merci Tiphaine pour ton retour sur la question! Je viens de m’y essayer aujourd’hui et je dois dire que la fluidité et la liberté que l’écriture organique apporte est un bel exercice. A vrai dire, jusqu’à maintenant j’ai souvent écrit mes textes comme ça, mais je manquais cruellement de structure en fin de compte. Tout finissait par s’embrouiller et je laissais mes textes à l’abandon avec la sensation de ne pas pouvoir les rattraper ou les sauver. J’ai donc commencé à m’intéresser à la structure d’une histoire, mais là c’est la peur de tomber dans le “trop de planning, tue le planning” qui a surgit. Au final, je pense qu’il s’agit de trouver un juste milieu, et qu’il y a encore du boulot! Allez hop! A ma plume! 😉

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