Exercices d'écriture

Les freins à l’écriture: 3 exercices pour vous débloquer

Ecrire un roman demande de l’organisation, du temps et de la discipline. Depuis le début du Grand Défi Ecriture, nous avons déjà parlé de l’hygiène de vie de l’écrivain ou encore des carnets personnels pour stimuler nos plumes. Néanmoins, quelques doutes subsistent. Les freins à l’écriture rôdent autour de notre antre.

Il manque un déclic, celui qui fera tout basculer et nous plongera une fois pour toute au cœur de notre rêve: devenir écrivain.

Le cran de sûreté est-il bloqué par des causes intérieures ou extérieures? Il est temps de le découvrir pour pouvoir débloquer la situation.

Bonnes intentions

Le réveil a sonné à 7h ce matin. Bien décidée à m’installer confortablement pour me mettre à écrire les premières lignes de mon roman, je me suis extirpée de ma couette malgré l’air glacial de l’appartement.

Ce n’est pas tous les jours que je me lève de si bonne heure. J’en ai donc profité pour préparer un petit-déjeuner et m’asseoir dans le salon silencieux pour l’apprécier.

De fil en aiguille, je n’ai pas vu la matinée passer. Un petit coup de rangement sur la table du salon, une lessive à mettre à tourner, un rapide coup d’œil sur les réseaux sociaux. Il est midi. La maison est propre. Je n’ai pas écrit une ligne.

Bon sang! Puis-je mettre un visage sur ces petits diables qui tirent mon ambition vers le bas? Nourrissent-ils à mon insu une colonie de peurs et de freins à l’écriture inavouables?

En ce début d’après-midi frileux, je m’apprête à aller à la rencontre de mes ennemis et de mes blocages.

L’objectif: bâtir de solides remparts autour de ma forteresse et la défendre, coûte que coûte, contre mes freins à l’écriture.

Mes ennemis

L’exercice proposé par Laure d’Astragal consiste d’abord à identifier les ennemis. Il s’agit de citer trois personnes qui influencent, ou ont influencé, négativement ma créativité, puis d’écrire quelques lignes sur chacune d’entre elles. Ces personnes sont les freins à l’écriture fantôme: ils hantent notre tête et enchaînent notre créativité.

La première personne qui me vient à l’esprit a fait irruption dans ma vie il y a seulement quelques jours lors d’un rendez-vous professionnel. Lorsque j’ai évoqué mes activités d’écriture, un monstre a surgit de nul part. Ecrire n’est, selon elle, pas un métier. Personne ne vit de l’écriture, sauf quelques chanceux touchés par la grâce du talent. Je n’en ferai jamais parti.

La seconde personne sur la liste de mes ennemis est plus difficile à identifier. A vrai dire, je n’ai pas d’autres souvenirs qui me viennent. Je vais tout de même citer une professeure de français au collège qui était persuadée que je trichais. A l’époque nous n’avions pas encore accès à Internet. Malgré tout, elle était convaincue que je recopiais des passages de livres pour écrire mes rédactions.

Troisième personne à citer. Cela devient vraiment difficile. J’ai beau chercher, je ne vois pas. Cette absence est rassurante. Après tout, je ne vois pas pourquoi j’irai chercher des ennemis imaginaires ou accuser quelqu’un juste pour avoir le compte. J’en resterai donc ici pour cet exercice.

Mes blocages

Rechercher un incident lors duquel j’ai eu honte de montrer au grand jour quelque chose que j’avais créée. Il peut s’agir d’un dessin, d’un poème, d’un gâteau, d’un bouquet ou encore d’une sculpture. Cette honte peut avoir muté et rejoint les rangs de mes freins à l’écriture.

L’exercice invite à se souvenir de la pièce dans laquelle j’étais, des regards qui se sont posés sur moi, de ce que j’ai ressenti, de ce qui m’est resté sur le cœur. Il faut parler de ce qui m’a humiliée.

Une fois le texte relu, il faut déchirer la feuille et prononcer à voix haute:

“Personne n’est autorisé à bloquer ma créativité!”

Je n’ai qu’un seul incident qui me vienne à l’esprit, mais je ne suis pas certaine qu’il entre dans le cadre de l’exercice. Malgré tout, je vais le retenir et le partager avec vous.

Les lettres d’amour

La scène se déroule au collège, à l’époque des premiers amours. Mes parents avaient jugé qu’il était temps de me donner un cadre plus stricte.

J’avais proposé qu’on m’envoie en pension. Ma mère avait hurlé de désespoir en découvrant que sa plus grosse punition était en fait une récompense à mes yeux. Le juste milieu serait donc adopté: je resterai à l’étude le soir après les cours.

Comme à mon habitude, je prenais place au fond de la salle, contre le mur d’une rangée de tables, au plus près possible de la sortie. Je cultivais une personnalité mystérieuse qui me tenait à l’écart des alliances et des groupes. Sans point d’attache, je naviguais entre les confréries sans avoir ni vraiment d’amis, ni d’ennemis jurés.

Mâture pour mon âge, mes fréquentations étaient déjà beaucoup plus âgées que moi. Les discussions, les points de vue sur la vie et les activités me convenaient mieux, entourée de personnes insérées dans la vie active. Cela m’avait permis de connaître mes premiers émois amoureux en jetant mon dévolu sur un pianiste talentueux et profondément bienveillant, qui ignorait tout de mes sentiments.

Ce soir-là, mon travail scolaire terminé, je décidais d’écrire quelques lignes pour l’être aimé, de libérer mon cœur sur une feuille de papier. Passionnée, je déversais tous ces sentiments encombrants et gênants, dans l’espoir de me libérer d’un poids.

Attaque frontale

La surveillante déboulait à côté de moi et s’emparait de la feuille, sans me demander mon avis. Une irruption dans ma vie privée et les méandres de mon cœur d’adolescente. Je restais là, meurtrie et inquiète, alors qu’elle se réfugiait au fond de la salle pour lire mes mots.

Tétanisée et humiliée, ma réputation de tête brûlée en prenait un coup: j’étais incapable de riposter.

Les plus longues minutes de ma courte existence touchaient à leur fin quand, à son tour gênée, elle venait me rendre l’objet du délit.

S’excusant d’avoir piétiné mon amour propre, quelques mots d’encouragement et une pointe d’admiration sont venus me tendre la main. Elle avait été subjuguée par mon talent et s’aventurais même à quelques conseils:

“Persiste, tu es douée. Si tu travailles ce don, on entendra parler de toi.”

Cela ne suffisait pas. Mon jardin secret avait été violé.

Oser

Cinq ans plus tard, mon pianiste avait déserté. Il n’a jamais rien su, ou le savait-il? La vie a fait son oeuvre, chacun a continué sa route.

Au détour d’un coup de cœur, je décidais cette fois-ci de prendre mon courage à deux mains et de remettre un poème longuement travaillé à son destinataire, accompagné de quelques mots supplémentaires.

Il lisait le tout en diagonal avant de déclarer:

“Je n’ai plus 16 ans. Les lettres et les poèmes, c’est pour les gamins.”

Décidément, il s’avérait difficile de trouver un lectorat. De plus, ces expériences ont en effet pu être à l’origine d’une batterie de freins à l’écriture.

La défense

Ce dernier exercice du jour consiste à rédiger une lettre à soi-même. Prendre le temps d’accuser tous les saboteurs, se lâcher, se défendre. Crier à l’injustice et lever les armes.

Je ne ressens pas de colère en me replongeant dans ces souvenirs et je ne vois pas l’intérêt de crier à l’injustice contre la vie.

Toutes ces personnes ont, à leur manière, contribué à me faire mûrir. Je considère que c’est une chance d’avoir été confrontée aux à-priori, à l’humiliation et à l’incompréhension. Plus vite on se heurte au monde extérieur, plus on se forge un caractère et un mental d’acier.

Je ne vais pas rédiger cette lettre et j’assume pleinement cette décision de ne pas suivre cette partie de la méthode. Même si je suis consciente que ces différentes personnes et événements ont pu être des freins à l’écriture jusqu’à maintenant, je suis à présent prête à aller de l’avant dans mon projet de devenir écrivain.

En revanche, si de votre côté vous ressentez le besoin de vous libérer d’épisodes et d’emprises passés, cet exercice sera efficace.

J’ajoute que, si vous y trouvez satisfaction, la “courrier thérapie” est un outil redoutable, je vous suggère de creuser le sujet.

C’est à vous!

Je vous invite à réaliser les trois exercices présentés dans cet article afin de lever vos éventuels freins à l’écriture.

Avez-vous des peurs qui vous retiennent dans votre désir de devenir écrivain? Partagez en commentaire!

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