Défi écriture

Pourquoi vous avez peur de devenir un écrivain célèbre

Atterrissage forcé

En France, on considère qu’un livre est un best seller à partir de 10 000 exemplaires vendus, mais ce chiffre varie d’un pays à l’autre. Lorsque vous publierez votre tout premier roman, vous aurez 90% de chance d’en vendre moins de 1000. Si vous faites partie des 1% qui réussissent à devenir des écrivains célèbres, les librairies écouleront plus de 2000 exemplaires de votre première oeuvre.

Vous rêvez de déménager dans une belle maison? De partir en vacances peut-être? De quitter votre boulot et votre patron qui vous sortent par les yeux? Alors vous allez devoir faire mieux que ça pour vivre des ventes de votre roman et devenir un écrivain célèbre.

Pourquoi? Car si vous avez choisi de passer par une maison d’édition, vous toucherez environ 6% du prix de vente sur chaque livre. Faites le calcul: pour un livre vendu 12€ à 1000 exemplaires, vous empocherez 720€.

Loin de pouvoir en faire le revenu principal de votre famille, cela va éventuellement mettre un peu de beurre dans les épinards…Mais pas tout de suite. En effet, vous attendrez en moyenne 18 mois pour toucher votre dû.

C’est ce qu’on appelle un atterrissage forcé en Terre de Réalité.

Rendez-moi mon rêve

Ces chiffres, je ne les sors pas de mon chapeau. Ils sont en libre accès un peu partout sur Internet. En outre, on entend résonner une phrase toute faite à tous les coins de rue: “On n’écrit pas un livre pour devenir riche et célèbre.”

Quand j’ai commencé à regrouper toutes ces informations, j’ai eu l’impression qu’on m’avait volé mon rêve. C’est un peu comme dire à un enfant issu d’une famille d’ouvriers qu’il ne fera jamais rien de sa vie, parce que c’est comme ça.

On commence à trouver ce genre de discours lorsqu’on s’embarque dans un projet dont la réussite ne coule pas de source et où peu de personnes réussissent à crever le plafond de verre.

Mais pourquoi? Pour rassurer ceux qui n’ont pas réussi ou osé? S’assurer que l’on échoue suffisamment tôt pour rester dans la moyenne?

Je refuse que mon rêve soit piétiné par ces clichés qui ont la vie dure. Un auteur n’est pas forcément pauvre. L’écriture n’est pas nécessairement juste un hobby. Je peux devenir un écrivain célèbre.

De quoi avez-vous peur?

Mes peurs d’enfant

Les enfants ont peur du noir, du grand méchant loup et de Voldemort.

Si comme moi vous avez eu l’opportunité de bénéficier d’une éducation basée sur la peur, on vous a sûrement expliqué qu’il fallait être sage pour ne pas se faire dévorer.

Moi quand j’étais petite, j’avais peur du grand méchant loup. J’avais aussi peur des gens et je cultivais une extrême timidité. Du coup j’avais peur de parler, de me déguiser comme les autres enfants et d’attirer l’attention.

J’avais aussi peur des tubercules de pomme de terre. Vous savez, ces trucs bizarres qui sortent des patates quand elles sont un peu trop vieilles et commencent à germer? Je pensais que c’était des bêtes. La trouille!

De manière générale, j’avais peur des bestioles. Après ma première chute, j’ai eu peur de remonter sur mon vélo. Mais c’est sûrement la peur de l’abandon qui m’a le plus fait souffrir.

Un peu plus tard j’ai eu peur qu’on ne m’aime pas et, en même temps, peur d’être comme tout le monde. Je ne voulais ressembler à personne et je voulais que ma vie soit unique, atypique et fantastique. Cela n’a pas été simple pour trouver des gens qui me ressemblent et me faire des amis.

Faire le tri dans nos peurs

Savoir de quoi on a peur est une étape cruciale pour pouvoir avancer. D’une part parce que cela permet de se rendre compte que nos peurs ne sont généralement pas fondées. D’autre part parce que nous embarquons trop souvent des peurs qui ne sont pas à nous.

Est-ce que j’ai peur de ne pas vendre un seul exemplaire de mon premier roman? Pas vraiment.

Et pourtant, à lire tout ce qui se dit sur le sujet, cela devrait faire partie de mes plus grandes craintes. Il serait raisonnable que je ressente de la peur face à l’éventualité de l’échec, car c’est ce que ressentent la plupart des gens.

Mais suis-je la plupart des gens? Non. Je suis moi et fière de l’être.

J’ai mes propres peurs, issues de mes propres névroses et de mon histoire personnelle. Par contre, cela ne m’empêche pas de traîner des peurs qui pourraient me mettre des bâtons dans les roues dans mon projet de devenir un écrivain célèbre. Elles s’entendent d’ailleurs très bien avec mes croyances limitantes qui habitent juste à côté.

“Soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris.”

Oscar Wilde

Mes peurs d’écrivain

Nous entretenons tous des freins avec l’aide de notre mental. J’aurai tendance à dire que, en tant qu’écrivain, nous sommes même probablement des champions du monde en la matière.

Les scénarios, ramifications et coups de tonnerre au milieu du récit, ça nous connait! Que celle ou celui qui n’a jamais passé plusieurs heures à imaginer des scénarios catastrophes me jette la première pierre.

Non personne? C’est bien ce que je pensais.

Alors allons-y gaiement! Je vais partager avec vous mes freins personnels. Non pas pour verser dans la sinistrose et vous faire pleurer, mais plutôt pour vous rassurer. Tout le monde a peur de quelque chose. D’ailleurs si j’ai créé ce blog, c’est justement pour que des gens avec des rêves d’écriture comme vous et moi se sentent un peu moins seuls.

Je pense que je ne peux pas être un écrivain célèbre parce que…

Ce sera trop compliqué à gérer avec la famille

Si je venais à devenir un écrivain célèbre, des gens de ma famille vont soudainement se souvenir que j’existe. Ils vont décider que mon succès est aussi un peu le leur car nous portons le même patronyme. C’est d’ailleurs en grande partie pour ça que j’ai choisi d’utiliser un nom de plume: pour m’assurer d’avoir la paix.

Seulement voilà. Devenir un écrivain célèbre engendre un sérieux problème: je vais devoir faire de la promotion et me montrer. Il arrivera bien un moment où quelqu’un va me reconnaître. Je peux difficilement allier succès et anonymat.

Outre la famille, je vais peut-être aussi être amenée à recroiser des personnes de mon passé. Et, comme tout le monde, je ne suis pas toujours fière des fréquentations que j’ai eues ni des choix que j’ai faits.

Cette peur là est sans doute ma plus grande source de frilosité quant à devenir un écrivain célèbre.

Il n’y a que les livres “policier” qui se vendent

Cela mes amis, s’appelle une idée reçue. Elle s’est installée dans ma tête il y a déjà pas mal de temps. Je crois que c’est l’engouement autour des livres de Dan Brown qui l’a faite germer.

Je sais au plus profond de moi qu’elle n’est pas rationnelle car les rayons des librairies regorgent de plein d’autres genres. Puisqu’ils sont là, sur les étagères, c’est bien que des auteurs ont été publiés.

Mais non, cela me semble évident. Il n’y a que les policiers qui se vendent. Sans doute aussi car cette catégorie est très appréciée des écrivains.

Je n’ai pas de réseau et je suis mauvaise à ça

Le réseautage n’a jamais fait partie de mes priorités. J’avoue qu’à présent je m’en mords un peu les doigts car cela me rassurerait de “connaître du monde”.

Je ne suis pas une as en la matière, pourtant, je noue très facilement des liens avec les gens. Ma timidité d’enfant s’est en effet peu à peu envolée pour laisser place à l’excitation de faire de nouvelles rencontres.

J’aime discuter avec les gens, échanger des points de vue et apprendre de nouvelles choses au contact de nouvelles personnes. Cela étant, je ne suis pas douée pour maintenir ces relations et construire un véritable réseau. Cela ne m’aidera pas à devenir un écrivain célèbre.

Je n’aurai pas le courage d’aller au bout du projet

Je n’ai jamais réussi à aller au bout d’un projet d’écriture et je ne vois pas pourquoi cela serait différent cette fois-ci. D’ailleurs, c’est un peu ma spécialité: ne jamais finir ce que je commence.

Quand je devrai reprendre un travail, je n’aurai plus le temps de m’en occuper

Cela fait plus d’un an que j’essaye de construire une vie professionnelle en dehors des sentiers battus. Je me rend compte qu’à la veille de l’échéance fatidique qui sonnera mon retour dans un bureau pour pouvoir manger, cela sera également probablement la fin de mon projet d’écriture.

Cela signifiera devoir me réintégrer dans le schéma métro, boulot ,dodo et rentrer dans le rang. Je n’aurai plus le temps, ni l’énergie, de devenir un écrivain célèbre.

mes peurs d'écrivain
Mes peurs d’écrivain

Les solutions positives à chaque frein qui m’empêchent de devenir un écrivain célèbre

Face à ce déluge de raisons pour lesquelles je ne parviendrai jamais à devenir un écrivain célèbre, deux choix s’offrent à moi.

  • 1 – Refermer la méthode Atelier d’écriture de Laure d’Astragal, fermer le blog et ranger mon rêve dans un carton;
  • 2- Construire des hypothèses positives en réponse à mes peurs pour m’ouvrir à de nouvelles possibilités.

On commence à se connaître maintenant! Vous avez deviné, je vais plutôt aller chercher des solutions.

Ces blocages n’existeraient pas…

Si je laissais le passé et la famille là où il sont

Tout le monde a une histoire. Il ne sert à rien de se retourner sur le passé pour s’assurer qu’il n’est pas à nos trousses. Par définition, le passé est révolu. Je devrais couper les ficelles qui traînent mes casseroles pour avancer plus librement vers mon rêve de devenir un écrivain célèbre.

La famille, c’est la même chose. D’ailleurs je n’ai à priori personne dans ma famille qui soit suffisamment féru de lecture pour un jour tomber sur mon livre dans une librairie. Et si cela se produisait, ce ne serait finalement pas si grave. Que pourrait-il bien se passer concrètement?

Peu des membres de ma famille ont mon numéro de téléphone ou savent où j’habite. De surcroît, puisque j’utilise un nom de plume, personne ne pourrait faire le lien avec la simple couverture. Il faudrait que je passe à la télé éventuellement, dans une émission populaire, et qu’ils soient pile devant leur poste sur la bonne chaîne au bon moment pour me voir parler de mon livre.

Et s’ils me reconnaissent? Que va-t-il se passer? Ils en parleront à leurs collègues autour de la machine à café le lendemain? Oh tient! Hier à la télé je suis tombée sur ma cousine éloignée que je n’ai pas vue depuis 20 ans et qui vient d’écrire un livre! La belle affaire.

Pour les membres plus proches, ils pourraient m’appeler. Me dire que j’aurai pu leur parler de mon projet, ce à quoi je répondrai que je n’en voyais pas l’utilité. Ils me féliciteront peut-être? Et bah merci. Me demanderont comment j’ai fait? J’ai travaillé. On va boire un café? Non, je suis occupée, ou oui avec plaisir (après, ça dépendra des gens évidemment).

Tout n’est pas à jeter. Je serai aussi heureuse de partager ces bons moments avec les personnes chères à mes yeux. Finalement, je n’ai rien à craindre.

Si je regardais ma propre bibliothèque

Je n’ai pratiquement aucun polard dans ma bibliothèque. Des bandes dessinées, des mangas, des livres pratiques, des romans, des guides, des recueils de poésie et de nouvelles. Voilà ce qui compose mes étagères.

Si moi j’ai acheté ces livres, c’est bien qu’ils ont été édités! Je ne suis probablement pas la seule à les avoir lus! Il y en a même qui affichent fièrement le nombre d’exemplaires vendus qui se comptent en dizaines de milliers sur la couverture!

Alors non, franchement, ce blocage là, c’est vraiment n’importe quoi.

Si je continuais à être moi-même plutôt que de vouloir être comme tout le monde

Le réseautage, c’est une chose. Aller à des rencontres, des soirées, des réunions, des salons, nouer des liens et échanger des cartes de visite, cela devrait être dans mes cordes.

Mais franchement, est ce que j’ai vraiment envie de passer mon temps à rappeler des gens pour m’assurer qu’ils se souviendront bien de moi, le jour où j’aurai potentiellement besoin de faire jouer mes relations?

Ce n’est pas trop dans mon caractère. D’autant plus que je cultive une forte valeur de liberté et que j’ai horreur qu’on s’immisce dans ma vie sans mon autorisation.

Finalement le seul réseau dont j’ai vraiment besoin pour le moment, c’est celui que je construis avec ce blog. Partager mon chemin vers mon rêve d’écriture me donne de la motivation.

Je préfère cent fois m’entourer de gens qui partagent la même passion pour l’écriture et nourrissent le même rêve que moi, que d’aller traîner au petit bonheur la chance collectionner les cartes de visite.

Je suis moi, tout simplement. J’aime l’idée de fédérer et rassembler autour de ce blog des personnes qui me ressemblent. Donc quelque part, c’est ma manière à moi de construire mon réseau.

Si je laissais sa chance à l’expérience

Par le passé, j’ai effectivement échoué de nombreuses fois dans mes entreprises d’écriture. Malgré tout, j’ai fini par me rendre compte qu’il me manquait un élément crucial: la méthode.

C’est la grande différence entre mes expériences antérieures et celle ci. Qui dit nouvelle stratégie, dit forcément nouveaux résultats, c’est mathématique.

Je n’ai jamais auparavant partagé mes écrits sur un blog, ni suivi de méthode d’écriture. Je n’ai jamais autant côtoyé d’écrivains grâce aux communautés que j’ai rejointes et évidemment au blog. Cette effervescence autour de mon projet me propulse dans une toute autre dimension.

La démarche est différente et semble regrouper des éléments fondamentaux pour me mener tout droit vers la réussite. Il n’y a aucune raison pour que j’échoue cette fois-ci dans mon entreprise à devenir un écrivain célèbre.

Si je prends les choses comme elles viennent

Reprendre un travail de bureau dans les mois qui viennent ne fait pas exactement partie du plan.

Malgré tout, puisque je travaille dur pour mettre en place d’autres solutions, il faut aussi que j’accepte un point important.

En effet, je mène plusieurs projets en parallèles pour construire pierre après pierre une vie professionnelle qui me ressemble. Coaching, formations, écriture et blogging vivent en harmonie dans cet écosystème personnel que je met doucement en place.

Malgré tout, je ne peux pas tout contrôler.

Si cela ne se passe pas comme je veux dans le laps de temps idéal malgré tous mes efforts, ce ne sera pas une raison pour tout envoyer valser.

Je pourrai parfaitement mettre en place une autre organisation pour continuer à travailler sur mes projets, tout en subvenant à mes besoins à l’aide de solutions plus conventionnelles.

Cela ne m’enchante pas, mais malgré tout, c’est rassurant. Je devrais plutôt voir cette possibilité comme un atout que comme un échec. Après tout, le principal est que je puisse continuer à essayer.

A vous de jouer!

Quelle séance! C’est je pense la plus longue que j’ai réalisée depuis le début de mon défi d’écriture.

Travailler sur mes peurs m’a permis de continuer à renforcer mon désir d’écriture et de me rassurer. Je me sens en pleine possession de mes moyens, plus que jamais prête à aller de l’avant et à devenir un écrivain célèbre!

Pour vous aussi réaliser cet exercice, suivez les étapes suivantes:

  • Listez 10 des peurs que vous aviez étant enfant;
  • Terminez la phrase “je ne serai jamais un écrivain célèbre car…” à l’aide des 5 freins/peurs qui vous embêtent aujourd’hui;
  • Sur une feuille de papier, dessinez un monstre avec des bulles de paroles pour lui faire dire vos peurs d’écrivain;
  • Reprenez vos peurs d’écrivain une par une et cherchez des solutions positives pour chacune d’entre elles.

Cet exercice est particulièrement intense émotionnellement. Aussi, n’hésitez pas à partager vos doutes, vos peurs et vos challenges dans les commentaires ci-dessous! Cela nous permettra de commencer à travailler tous ensemble, main dans la main.

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2 commentaires

  • Tiphaine

    Oh ben ça ! Une jumelle !! 😀

    Je viens de dévorer ton article, qui m’a fait un bien fou. J’ai moi aussi décidé que je vivrais de ma plume, et je me suis lancée sérieusement dans ce projet en novembre dernier. Je me fiche que tout le monde dise que c’est difficile voire impossible, moi j’y arriverai ! 😀 (et du coup, je suis sûre que toi aussi !)

    Je vais essayer de trouver un moment pour creuser mes peurs, mais je me suis bien retrouvée dans certaines des tiennes (le problème du réseautage, que vont dire les gens… !). Le “que vont dire les gens ?” me pose la plus grand difficulté. À chaque fois que je pense à la mise en place des formations que je veux proposer, j’ai ces visages qui me viennent et j’ai peur, clairement, de ce qu’ils diront.

    Du coup, ce soir, je remplace mes peurs par des solutions positives !!

    • Elodie

      Bonjour Tiphaine et merci beaucoup pour ton commentaire! En avouant ici noir sur blanc que le “qu’en dira-t-on” est une de tes principales difficultés, tu as déjà fait un sacré bout de chemin! Bravo à toi! D’après ce que tu me dis, l’exercice de dessin du petit monstre qui parle va te faire un bien fou. Dessine le aussi ridicule que possible, une espèce de pieuvre affolée et maladroite par exemple qui s’agiterait dans tous les sens en t’envoyant toutes ses remarques à la figure mdr (un “lapin crétin” fonctionnera aussi ahaha). Ridicule finalement…Mais attachant si on le regarde bien. Garde précieusement ce dessin avec toi quand tu veux travailler sur tes écrits, et donne lui une petite tape réconfortante sur la tête pour le calmer. Après tout, c’est un peu comme un enfant apeuré qu’il faut rassurer, il n’est pas question de se punir mais bien de poser sur soi-même un regard à la fois bienveillant, ferme et protecteur. Au plaisir!

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